Orchestre Symphonique Québec - le 3e concerto de Beethoven-3 octobre 2018!

Le Palais Montcalm - Maison de la Musique avait le plaisir de recevoir sur la maginifque scène Raoul-Jobin, l'Orchestre Symphonique de Québec avec Enrique Mazzola , chef d'orchestre et Cédric Tiberghien, pianiste qui sont venus nous présenter en ce 3 octobre 2018, le 3e concerto de Beethoven- ce dialogue complice entre piano et orchestre. De plus continuant avec les musiciens de l'Orchestre symphonique de Québec on entend les pièces Matka de Tanguy , la Symphonie no 7 de Sibelius et Finlandia du même auteur. Dès 18 h 30, on pouvait assister à un prélude animé par Irène Brisson, donnant une occasion d’approfondir la démarche de création et de poser un regard éclairé sur le contexte historique dans lequel les oeuvres ont été composées.

Cédric Tiberghien Ombrage Dès 19h30, le silence se fait entendre et tous tombent sous le charme extrême de ce pianiste émérite qui sait donner naissance à ce troisième concerto de Beethoven créé lorsque celui-ci émergeait d’une crise existentielle sans précédent inaugurant une importante période de création. Cette fois le piano devient partenaire de l’orchestre à part entière ; plusieurs en ont profité pour s'installer au deuxième étage à la corbeille derrière la scène pour voir les musiciens de plus près et le visage du maestro dirigeant sa troupe comme ils ne peuvent le faire habituellement. Dès le départ on peut constater la belle complicité entre le piano et l'orchestre comme si ils avaient une pensée commune qui se complétait.

Enrique Mazzola , chef d'orchestre et Cédric Tiberghien, pianiste Ombrage La douceur des flûtes et les élans des cordes se mélangent si bien au jeu du piano dont les notes s'élèvent allègrement avec vigueur démontrant la dextérité du pianiste Cédric Tiberghien. Fascinant de voir le doigts qui bougent avec tant de vitesse puis posément comme une chanson d'amour qui nous enrobe, en un dialogue fervent avant d'être rejoint par la force de l'Orchestre. Au 2e mouvement on a l'impression par moments d'entendre une conversation secrète entre Beethoven et son piano, avec tendresse et grandeur d'âme pour son complice, comme une prière remerciant la vie qu'une telle musique émane de lui, le tout magnifié par les archets angéliques le complétant. Au 3e mouvement, c'est un envol de notes printanières plus enjouées montrant le dynamisme de l'ensemble, tout à fait magnifique, explosant dans une très longue ovation.

Ensuite nous enchaînons par une musique contemporaine d'Éric Tanguy, compositeur français vivant cette fois et présent sur scène nous expliquant que cette pièce a été créée pour le 150e anniversaire de naissance de Sibellius pour la Finlande qui a nécessité trois mois de travail pour un résultat de 11 minutes avec une partition très coloréee et pendant lequel on voit que le xylophone a été mis à contribution pour un son un peu plus exotique donnant un avant-goût à la seconde partie qui nous présente une fantaisie symphonique en un seul mouvement, la Septième de Sibelius qui oscille entre ténèbres et lumière, douleur et exaltation; dès les premières notes on sent la majestuosité de la pièce qui se livre à nous comme si à l'orée de la forêt le boisé s'écartait pour nous offrir une clairière lumineuse baignée de soleil chaud que l'on reçoit comme une caresse.

Éric Tanguy, compositeur français Ombrage Quant au poème symphonique Finlandia, il est associé à jamais au mouvement d’émancipation de la Finlande de la domination russe et assure ainsi la renommée de Sibelius dans son pays. Il nous fait ressentir la nature même de la vie sous toutes ses formes que ce soit végétale, animale, vitale avec sa puissance, sa vigueur, sa beauté, comme un incessant souffle qui se gonfle puis se répand sur son royaume avec rapidité, excessivité et amour le tout grâce à la passion du maestro Enrique Mazzola et les musiciens de l'Orchestre symphonique de Québec qui transmettent si bien son message. Quelle belle soirée et pour ne rien manquer de leur programmation, un passage sur leur site web s'impose: