OSL –LA RUSSIE AVANT ET APRÈS LE TSAR, Émilie Auclair soliste invitée!

En cette soirée du 26 mai 2018, la Russie est à l’honneur. Celle d’avant et après le Tsar et cela marque également le dernier concert de la saison 2017-2018 avec les compositeurs Glazounov, Tchaikovski et Shostakovich qui ont représenté ces périodes de la Russie. Le programme débute par « l’Ouverture solennelle » de Glazounov que les musiciens de l’Orchestre symphonique de Lévis jouent à merveille sous la direction du chef assistant Félix Sainte-Marie.

Démarrant sur un passage rapide avant de devenir soudainement plus douce pour un bref moment, le temps d’un soupir, cette ouverture reprend aussitôt la course. On sent la puissance pour ne pas dire l’urgence dans les mouvements, Une douce réflexion s’ajoute par moments côtoyant la majestuosité de cette pièce qui a résonné à travers toute la Russie depuis sa création.

chef assistant Félix Sainte-Marie Ombrage Puis le maestro Gilles Auger, reprend la direction avec Tchaikovski et son « concerto pour violon op.35 » qui ce soir a été confié à Émilie Auclair, violoniste soliste, étudiante remarquablement douée du Conservatoire et qui ce soir joue sur un magnifique violon Giovanni Battista Guadagnini de 1752 prêté par la compagnie Canimex inc de Drummondville , elle dédie d’ailleurs son concert à Mme Dubois qui était à l’origine de ce prêt et qui est décédée cette année.

Dès le départ du concerto, on entend la sonorité extraordinaire de son instrument et son jeu est empreint de justesse, sa douceur et sa fougue selon le moment nous montre vraiment la qualité de son interprétation. Elle fait « chanter » son violon d’une main experte lui donnant une voix si haute parfois que l’on a peine à l’entendre, une note presque angélique lors des portions solos. Lorsque l’Orchestre la rejoint on a l’impression qu’elle est papillon ou gentil bourdon qui se retrouve dans un pré vert parsemé de jolies fleurs dans lequel on court vers l‘infini ou qu’elle suit sa musique qui s’envole dans un ciel bleu rayonnant de soleil .

Émilie Auclair soliste invitée Ombrage Elle maîtrise tellement bien son violon qu’on dirait que son archet le caresse à une vitesse telle que cela pourrait mettre les cordes en feu, chauffées au maximum par l’excellence de son jeu. Le second mouvement est plus langoureux comme si on entendait un cœur slave amoureux mais qui se languit en attente du prochain rendez-vous, le cœur palpitant et même s’emballant par moments. Lorsque l’on voit la longueur de ce concerto, on se rend compte que cela fait tout un paquet de notes à se souvenir sans livret ou feuilles de partition et elle a été chaleureusement ovationnée par un public totalement sous le charme.

On termine la soirée par la « 1ère symphonie, op 10 » de Shostakovich , un autre genre de génie musical qui a su transmettre avec une vérité qui fait mal toute la douleur de l’oppression et l’absurdité de la guerre. Cependant ce soir c’est une œuvre de jeunesse dont il est question, soit un devoir de composition qui est devenu sa première symphonie qui s’est avéré un grand succès lui assurant une renommée internationale. L’atmosphère musicale change souvent allant du joyeux au triste en passant par le curieux qui veut s’amuser tout en créant son chef d’œuvre. Faisant parler tous les instruments , beaucoup de vents mais aussi les cuivres et percussions avec des accents printaniers provenant de la flûte avant d’avoir le mélange total de puissance déployée au maximum, toutes les sections semblant vouloir réveiller la terre entière et la surprendre pour qu’elle écoute le message qu’il veut livrer.

Émilie Auclair soliste invitée Ombrage Dans le second mouvement on a parfois l’impression qu’il s’imaginait une bande de personnages animés qui montaient et descendaient des escaliers sans fin en cherchant la sortie du château ensorcelé, de leur prison. Tandis que lors du 3e mouvement on a la sensation que la porte s’ouvre sur l’air frais et un monde mystérieux qu’il explore avant d’en découvrir les secrets, un monde qui lui appartient mais que d’autres ont partagé, se terminant par un tourbillon puissant, bouillonnant de notes s’échappant pour aller magnifier la forêt environnante. Les spectateurs ont encore une fois offert une ovation à tout rompre pour remercier les musiciens de tant de passion.

Après une pause estivale bien méritée, nous retrouverons notre orchestre pour les journées de la culture, soit le 30 septembre 2018 à 14h à l’Espace symphonique de Lévis avec un programme sur les « pages immortelles » proposant du Mozart, Beethoven, Rossini, Mendelssohn, Mahler, Elgar et Sibelius et pendant lesquelles vous pourrez vous approchez de vos musiciens et ce tout à fait gratuitement…à vous d’en profiter.